Mercredi 12 octobre 2011 3 12 /10 /Oct /2011 22:17

 

2242 3755 LES SEPT ANGES Christian CANTOS

 

Christian Cantos      -    Clic !   -

 

Dans notre pays il y a des divisions, des partages, des valeurs...
Dans notre pays on vit et on meurt.
Les divisions ne sont ni compliquées ni faciles.
Les partages  ne sont ni évidents ni justes.
Et les valeurs sont imposées.
Tout est imposé par nos dirigeants.
Le temps n'échappe pas à la règle.
Dans notre pays la liberté de temps n'existe pas.
Elle est réduite à néant ou à l'infini comme vous préférez.
Même le rêve est guidé par des substances mi-hallucinogènes mi-narcotiques.
Dans notre pays il y a deux manières de se positionner dans le temps ; celle des avec et celles des sans.
Dans notre pays la répétition fait rage ; tout est divisé, partagé, dévalorisé.


Dans notre pays on range ...
On range la vie et la mort.


La vie compte sept parties que l'on appelle jours.
La durée des jours est variable.
Cela dépend de notre situation sociale et de l'âge du général.
En général, on doit lui obéir...


Le premier jour de la semaine se nomme obéissance.


Tout le temps que dure ce jour nous répétons inlassablement les mêmes gestes, qu'ils soient utiles ou inutiles en étant épiés par des robots humains aux cols bleus qui portent des étoiles dorées sur leurs épaules.
L'ardeur de notre accomplissement nous permet tôt ou tard de glisser vers le deuxième jour.

Le deuxième jour arrive toujours après une nuit d'insomnie ...


Le deuxième jour de la semaine se nomme effort.


Tout le temps que dure ce jour nous nous épuisons à la tâche répétant inlassablement les mêmes gestes utiles ou inutiles en étant fouettés par des robots humains aux mains couvertes de gants d'épines.
Notre force physique conditionne le passage dans le troisième jour.

Le troisième jour arrive toujours après l'épuisement total.


Le troisième jour de la semaine se nomme métamorphose.


Tout le temps que dure ce troisième jour nous nous transformons, passant de la station debout à la station reptilienne.
Nous nous accroupissons, tombons, bavons sur le bitume, sur les routes, les chemins qui traversent les paysages.
Nous nous traînons sur l'asphalte.
Nous rampons jusqu'à en perdre les membres et la raison.
Lorsque nous nous retrouvons en lambeaux, lorsque les traces de vêtements ont totalement disparu de nos peaux, lorsque nous saignons, alors nous sommes aptes à la quatrième journée.

Notre anéantissement conditionne le passage vers le quatrième jour.


Le quatrième jour se nomme prouesse.


Tout le temps que dure ce quatrième jour nous exécutons des gestes codifiés : maintien de la tête hors des flaques ; position rigide du corps ; immobilité absolue le temps de quelques soupirs ; grimaces épouvantées ; glaciation des vertèbres, râles...
A la fin du quatrième jour nous entrons dans la Chute et personne n'en parle jamais.

Notre silence conditionne le passage vers le cinquième jour...


Le cinquième jour se nomme le déclin.


Tout le temps que dure ce jour nous nous avachissons en étant épiés par des robots humains aux yeux crevés qui portent des lunes rousses cousues sur leurs chemises.
La chute est une immense victoire pour nos dirigeants.
Pendant la chute on nous installe sur des chaises, fauteuils, canapés et on nous assomme de toutes les manières possibles.
Ca déborde dans nos cervelles, ça fume, ça boue, ça baigne, ça saigne...
A la fin de notre cinquième jour nous sommes vidés.

Le vide conditionne le passage vers le sixième jour ...


Le sixième jour se nomme la nausée.


La nausée est une journée particulière où l'on tangue, où l'on hésite encore.
La nausée est une prise de conscience du temps qui passe et de tout ce qui reste à accomplir pour se vider vraiment, tout ce qui reste à accomplir pour en finir...
Le sixième jour est le jour le plus long. Tout le temps que dure ce jour nous rendons le superflu répétant inlassablement les mêmes cris utiles ou inutiles en étant fouettés par des pantins désarticulés.

La nausée est rapide pour certains, terrifiante de lenteur pour d'autres.

La nausée ne tue jamais .

Ce qui conditionne le passage vers le septième jour se nomme supplice ...


Le septième jour se lève, comme ça, sans crier gare, et les minutes restent suspendues à l'horloge qui a la forme d'une bombe à la mèche déchiquetée.

 

Annick SB     - Octobre 2011 -

 

Merci aux Impromptus pour leur consigne sur les sept jours de la semaine ...


Par Avec dix mots, le nouveau blog d'Annick SB - Publié dans : Frémir... - Communauté : Le monde de Pénéloop
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